Fastes 2025 de la Police

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Vendredi 12 septembre 2025

Discours de Monsieur Willy Demeyer

Bourgmestre de la Ville de Liège, prononcé le 12 septembre 2025 à l'Hôtel de Ville, lors des Fastes de la Police.

 

 

Monsieur le Gouverneur,

Monsieur le Commandant de la Province,

Mesdames et Messieurs les Procureurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Commissariat National drogue,

Madame la Députée,

Chers Collègues du Collège,

Monsieur le Chef de Corps,

Mesdames et Messieurs les Membres du Comité de Direction,

Mesdames et Messieurs les Conseillères et Conseillers communaux, de l’action sociale, des Conseillers provinciaux,

Monsieur le Directeur judiciaire,

Monsieur le Directeur coordinateur,

Mesdames et Messieurs les Chefs de Corps,

 

Ce mardi, dans ce même Hôtel de Ville, nous avons rendu hommage à Monsieur Maxime PANS, en lui remettant à titre posthume deux grandes distinctions honorifiques.

Ce moment doit nous inspirer au moins trois sentiments, trois considérations. Tout d’abord lui rendre et à travers lui à toute la profession et à toutes celles et ceux qui avant lui sont tombés dans l’exercice du Devoir, le plus grand des hommages.

Ensuite, nous devons nous remémorer les circonstances dans lesquelles le dramatique évènement s’est déroulé et savoir que cet évènement était lié à la drogue et j’y reviendrai.

Et enfin considérer qu’il était avec d’autres, Monsieur le Commandant militaire, Colonel, membre d’une profession dont le dévouement à la collectivité se fait souvent au détriment de la vie familiale et sociale, au détriment de la santé et parfois hélas au détriment de la vie.

Il faut donc que la collectivité si elle veut continuer à pouvoir s’appuyer sur un service de police de qualité et c’est une nécessité, porte une attention particulière à ces Corps professionnels. Avec une attention pour le nombre, l’effectif, une attention pour l’équipement, pour la formation, et pour le caractère démocratique de l’engagement de ce personnel.

C’est la raison pour laquelle la Ville de Liège qui est une zone monocommunale, a toujours veillé au financement de sa Police ; et le financement de la zone de Police de Liège est assuré par deux tiers par la Ville elle-même et un tiers par la Pouvoir fédéral.

Nous pouvons aussi dire qu’en Wallonie, c’est à Liège que le financement est le plus important par an et par habitant, il s’élève à 443 euros.

Le Comité de Direction avec Monsieur le Chef de Corps et Monsieur le Commissaire divisionnaire TESSON, a fait un calcul précis qui a démontré que si nous avions, si nous bénéficions des financements moyens à l’échelle de la Belgique, notre financement devrait s’élever au niveau fédéral à plus de 10 millions d’euros.

Voilà deux éléments d’analyse par rapport à ces finances.

Et les finances, Mesdames et Messieurs, sont menacées en ce qui concerne les Villes et Communes et donc les quotes-parts communales.

Menacées on le sait par la cotisation de responsabilisation qui pèsent lourdement ; menacées dans l’autre volet du centre public d’action sociale avec l’exclusion des chômeurs, les calculs sont en cours et ne sont pas rassurants.

Colonel, la réforme promise du financement des services d’incendie n’est pas advenue. Donc c’est aussi une charge pour les collectivités locales et un certain nombre de mesures nous sont annoncées, notamment par la Région wallonne, qui ne nous rassurent pas.

Et ces menaces sur les finances sont donc des menaces pour l’effectif et également pour les heures supplémentaires.

Ce sont donc des menaces sur la capacité d’engagement, comme un autre volet de l’activité policière qui est le report des tâches du Fédéral vers le Local. Un exemple qui pour l’instant défraie un peu la chronique : ce sont les services d’ordre pour le football. Avec l’équipe nationale, il faut savoir que vous recevez un coup de fil ou une lettre mentionnant que l’équipe nationale jouera tel jour telle heure ...merci.

Et nous devons donc nous incliner alors que cela vient en dehors d’une programmation. Raison pour laquelle j’ai sollicité et obtenu au moins partiellement une intervention dans les frais que cela génère.

Toujours dans le domaine du football, il faut savoir que les deux clubs professionnels sur le territoire de la zone (Standard et Football Club liégeois) génèrent des dépenses à hauteur de quelques deux millions d’euros par an. Raison pour laquelle nous sommes aussi en discussion avec ces clubs pour réduire la facture.

Facture qui est essentiellement liée à la Loi football et au hooliganisme car il faut savoir appeler les choses par leurs noms.

Les mesures prises en concertation avec la Fédération ne plaisent pas mais elles vont dans le bon sens. Je rencontrerai prochainement les clubs de supporters à la fois pour expliquer les choses et pour tenter de dégager encore un consensus avec les clubs.

Voilà un exemple de report de charge parce que tout cela était largement assuré par les pelotons venant de la Police fédérale, je pourrais vous en donner beaucoup d’autres mais j’ai des choses plus importantes à vous dire ce matin.

J’ai abordé tout à l’heure dans le malheureux sort réservé à Maxime PANS, la problématique de la drogue.

Je vais vous parler non pas des drogues de synthèse, mais de la cocaïne. La cocaïne a trouvé en Europe un marché plus florissant qu’aux Etats-Unis. Le marché est encore disponible et la drogue s’y vend un peu plus cher. Les têtes pensantes sont à Dubaï, les mafias d’Amérique du Sud amènent le produit qui rentre principalement par le Port d’Anvers et de Rotterdam, les mafias albano-kosovardes font le middle management et le conditionnement local, qui plaît à la clientèle locale et les mokromafias distribuent dans nos rues.

Par rapport à ce problème, à ce drame, à ce fléau international et national, la Belgique n’est pas restée sans réaction. Nous avons un Commissariat national général drogue avec Madame Inès VAN WYMERSCH et ses représentants qui sont ici aujourd’hui et Monsieur Fabian GERARD prendra la parole tout à l’heure, je le remercie déjà.

J’imagine qu’il nous parlera notamment du plan « Nettoyer, maintenir et construire » qui est un plan inspiré notamment me dit-on de la Grande Bretagne et cela va évidemment nous intéresser, parce qu’à Liège nous avons connu ces dernières années beaucoup de vicissitudes liées au Covid, aux travaux du tram. Tout cela a impacté comme l’e-commerce, notre Commerce.

Les travaux terminés, l’espace public amélioré a été restitué à la population et toutes ces problématiques de drogue et de précarité s’expriment sur l’espace public.

S’expriment d’une manière qui, jusqu’il y a peu, a été croissante, jusqu’à générer des manifestations de mécontentement qui sont arrivées jusqu’aux oreilles des Autorités faisant état de velléité, d’autodéfense de notre population tellement l’agitation et l’irritation étaient grandes.

Nous avons eu, et tout cela risquait évidemment de nous faire perdre le bénéfice de tout ce que nous avons entrepris au cours des législatures pour réhabiliter la Ville, le Centre-Ville, au niveau culturel, au niveau économique, au niveau social avec des centaines de millions d’euros d’investissement publics et privés.

J’ai entrepris un dialogue avec le Comité de direction, nous avons eu un débat, Mesdames et Messieurs les Chefs de groupe, au Conseil communal de ce 1er septembre et le 2 septembre, Monsieur le Chef de Corps a donné des instructions dans le cadre d’une action de police intégrée et ciblée qui porte ses fruits.

Il s’agit là d’un plan court terme visant dans le court terme Monsieur le Commissaire être englobé dans le terme « nettoyer ». Mais nettoyer il faut le faire mais le problème n’est pas que policier, je tiens à le dire, je comprends que pour nos policiers la tâche est difficile. Je leur demande de bien vouloir le comprendre mais aussi de bien vouloir comprendre les difficultés de la société et leur dire que nous allons entreprendre d’autres actions.

Nous nous sommes outillés pour lutter contre la criminalité subversive, c’était une demande du Fédéral. Tout l’attirail légistique est en place à Liège et nous mettons en place également le service qui va nous permettre d’agir et je prendrai, comme Bourgmestre, mes responsabilités à cet égard.

Nous allons aussi très vite, plus vite que demandé, établir Mesdames et Messieurs du Collège et du Conseil, le plan zonal de sécurité. On l’attend pour 2027, nous le ferons avant pour bien établir les priorités et montrer vis-à-vis du Pouvoir Régional et Fédéral, quels sont nos véritables besoins pour apaiser la Ville et pour faire en sorte que la Métropole liégeoise se développe sur le plan économique, social et culturel.

Et enfin nous allons tenir une conférence au niveau national, c’est-à-dire que nous allons inviter toutes les Autorités, pour établir un plan global et intégré. Toutes les Autorités, cela veut dire de la Prévention de première ligne, jusqu’à la répression la plus dure. Cela impliquera la Communauté Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne, la Province, le secteur des prisons, le Pouvoir fédéral, Justice, Intérieur, et toutes celles et tous ceux qui nous aideront aussi dans le volet social. Avec un débat qu’il faudra remettre sur le tapis dès que la Région aura livré ses dernières conclusions, qui est celui des salles de consommation et la manière dont on peut traiter les assuétudes.

Il faut là que l’on comprenne bien que Liège est prête à assumer sa part en termes de police comme en terme social, mais il faudra aussi que l’on comprenne que chacune et chacun doit le faire et que tous les dispositifs ne sont pas orientés vers les Villes. Faute de quoi nous n’en sortirons pas.

A cet égard, je suis assez satisfait du plan « Grandes Villes » de Monsieur Bernard QUINTIN, Ministre fédéral de l’Intérieur et de la Sécurité.

J’ai eu l’occasion de le rencontrer assez formellement à au moins trois reprises et de faire valoir à la fois nos demandes et discuter des solutions.

Cinq chapitres :

  • Les caméras, nous en avons déjà des centaines, elles sont bien utiles, leur usage est supervisé par une Commission du Conseil communal qui vérifie la façon conforme à la démocratie, de les utiliser, et nous accueillons donc la proposition positivement.
  • Deuxième composante, les opérations « coup de poing, » là je suis un peu plus sceptique, cela doit évidemment se faire mais je pense que la seule manière d’arriver à un résultat, c’est une action constante dans la durée.et pour cela il faut des moyens. Les opérations « coup de poing « sont plus ponctuelles comme le nom l’indique et il faut des moyens.
  • Les patrouilles policiers/soldats. Nous avons déjà lors de la période du terrorisme, expérimenté le dispositif avec bonheur. Un policier, deux soldats et de grands résultats. Cela dit, Monsieur le Commandant de Province, nous serons d’accord pour dire que ce sont deux métiers différents et que le dispositif doit être exceptionnel, réglementé et je ne suis personnellement pas favorable à une modification des profils et des fonctions, qui ferait en sorte que finalement cela soit le Ministre de la Défense qui commande sur le Territoire municipal. Je pense que nous n’en arriverons pas là mais je préfère le dire
  • Davantage de policiers fédéraux. Ce serait une compensation des pertes auparavant déplorées, et cela viendrait, j’en ai fait la démonstration, soulager les polices locales, donc bien sûr.
  • En enfin, davantage d’argent pour les polices locales. Ça tombe bien car grâce à notre Comité de direction nous avons chiffré la différance et qui pour nous s’élève à quelque dix millions d’euros par an.

J’ajouterais, si vous le permettez, un élément. N’oublions pas la Justice et les prisons qui sont, évidemment le Ministre de l’Intérieur n’en est pas responsable mais sans ces éléments là le reste du travail ne servira à rien. Il faut des moyens en locaux, et des moyens en personnel pour que l’effectivité de la norme soit garantie c’est-à-dire que toutes les règles demandes des sanctions quelles qu’elles soient, et pour cela il faut du personnel qualifié qui ne donnera pas à la police le sentiment d’avoir travaillé pour rien.

Mesdames et Messieurs,

J’en arrive déjà à ma conclusion. Je voudrais tout d’abord profiter de l’occasion pour remercier, je les ai déjà citées, toutes les forces, essentiellement fédérales, et tous les services qui collaborent toute l’année avec la Ville de Liège et avec sa Zone de police.

 

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