Budgets 2022 de la Ville de Liège : Responsabilité et rigueur

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Dimanche 6 mars 2022

Budgets 2022 de la Ville de Liège : Responsabilité et rigueur

Les Budgets 2022 de la Ville de Liège ont été réalisés dans un contexte financier extrêmement difficile pour les pouvoirs locaux. Aux charges des pensions et de la dette sont venus s’ajouter les conséquences de la crise sanitaire, des inondations, la hausse extrêmement forte des prix de l’énergie ou encore une triple indexation salariale. Pour Liège spécifiquement, il faut encore ajouter l’attaque informatique.

L’impact du Plan Oxygène

L’adoption par le Gouvernement wallon du « Plan Oxygène » permet toutefois une vraie bouffée d’air même si les déficits à combler restent importants.

Actuellement, le poids de la cotisation de responsabilisation des pensions pour les 3 entités (Ville – CPAS – Police) s’élève à 48,5 millions € soit près de 10% du Budget communal ! Poids auquel il faut ajouter les difficultés conjoncturelles liées, entre autres, à l’explosion des frais énergétiques, à la triple indexation, à l’augmentation des besoins sociaux suite aux inondations.

Pour Liège, le Plan Oxygène représente l’octroi d’un prêt total de 394 millions € sur 5 ans dont 15% (et les intérêts) seront pris en charge par la Région wallonne. Le prêt étant souscrit sur une durée de 30 ans. Pour la première année, la première tranche représente une recette de 78,8 millions €.

L’aide apportée par le Gouvernement wallon à toutes les communes wallonnes pour les 5 prochaines années est conditionné à l’adoption, par le Conseil communal, d’un Plan de gestion au 30 juin 2022.

Malgré cette bouffée d’oxygène, la  situation reste très complexe compte tenu des éléments de contexte évoqués.

La volonté du Collège étant de ramener l’équilibre à l’exercice propre mais également sur les exercices antérieurs, il a revisité l’entièreté du budget, tant en recettes qu’en dépenses, pour atteindre cet objectif et tracer la trajectoire budgétaire des 5 prochaines années.

Le budget 2022 est une première étape dans une nouvelle période qui s’ouvre avec le plan « oxygène ».

Budgets 2022 : EN DEPENSES

Les dépenses de personnel

Elles s’élèvent à 181,8 M €, soit une augmentation de 7,3 M € par rapport à 2021. Cette hausse très importante s’explique par le triple saut d’index prévu en 2022.

La priorité du Collège est de préserver la continuité du service à la population et d’assurer le paiement des salaires pour l’année 2022.

Les dépenses de fonctionnement

Elles s’élèvent à 82 M €, soit une augmentation de 6,6 M € par rapport à 2021.

En 3 ans, les dépenses de fonctionnement ont augmenté 30% (+20 M €) suite notamment aux dépenses liées à la crise sanitaire, aux inondations et à l’attaque informatique.

Pour 2022, c’est principalement l’augmentation des coûts des énergies qui pèse puisque les prix sont multipliés par deux, ce qui représente une hausse de plus de 10 millions € !  Les différentes indexations contractuelles liées à l’inflation expliquant également les hausses constatées (en matière de location, d’assurances, de contrat de maintenance,…).

Pour les compenser, le Collège a appliqué une diminution de 10% sur toutes les dépenses dites « compressibles », ce qui a permis de générer 2,5 M € d’économies. Des mesures spécifiques complémentaires seront également intégrées au Plan de Gestion. Une attention particulière sera accordée aux économies d’énergie, pour accélérer la réduction des consommations.

Parmi les nouveautés, citons :

La volonté d’octroyer une aide financière aux parents d’enfants de moins de 5 ans (250.000 €) pour compenser le surcoût lié à l’évacuation des langes via les sacs jaunes 
155.000 € pour le financement de la « maison de la jeunesse »
10.000 € pour l’organisation d’activités culturelles et touristiques durant l’année « Simenon »

Les dépenses de transfert

Elles se chiffrent à 163,4 M €, soit une augmentation de 12,1 M € par rapport au budget 2021.

Ici encore, cette évolution doit être décortiquée.

Zone de police

Le budget de la Zone de police s’élève à environ 113 M € et est constitué à 90% de dépenses de personnel.

Traditionnellement, la Zone de police prévoit des dépenses de personnel correspondant à 1065 policiers, un chiffre inférieur à la norme KUL qui pour Liège fixe l’effectif de référence à 1.113 agents.

Actuellement, face aux difficultés de recrutement, l’effectif réel se situe aux alentours de 1000 policiers. Les heures supplémentaires compensant pour l’instant ce déficit d’effectif.

La volonté du Bourgmestre étant de retrouver rapidement une capacité policière de 1045 unités, afin de ramener de la présence dans les quartiers.

Pour 2022, la Zone de police doit faire face, comme la Ville, à la triple indexation. Elle doit également supporter le coût du précédent accord sectoriel signé au niveau fédéral (qui prévoit notamment l’introduction de chèques repas).

La Zone doit également faire face à une augmentation de ses charges de remboursement d’emprunt (les investissements autrefois financés sur fonds propres, le sont désormais via emprunt).

Ces éléments ont amené le Collège à majorer la dotation de 8,2 M € par rapport à 2021.

Au total, la dotation de la Zone progresse de 13 %, et passe de 61,4 M € à 69,6 M €.

Vu les majorations de dépenses annoncées à l’avenir, et faute de refinancement des zones de police par l’Etat fédéral, la dotation communale devra à nouveau augmenter au-delà de l’inflation si l’on veut maintenir les effectifs à leur niveau actuel.

CPAS

Le budget du CPAS s’élève à 230 millions €.

Contrairement à la Police, la principale dépense n’est pas le personnel (37 M € soit 16%), mais les aides octroyées aux bénéficiaires de l’aide sociale : 180 M €, soit 80% du budget total.

Face aux majorations de dépenses (indexation salariale, nombre de dossiers d’aides,…), et malgré les nombreux subsides supplémentaires de la part du Fédéral et de la Région, la Ville doit, ici aussi, revoir son financement à la hausse.

En 2021 déjà, la dotation communale avait été fortement augmentée, de plus de 4,8 M €.

Pour 2022, la dotation progresse de 2,3 M € par rapport à celle de 2021. Si l’on compare à la dotation de 2020, c’est une majoration de 7,1 M € sur 2 ans (+25%)

Au total, la dotation passe à 34,4 M €.

A noter que des assistants sociaux supplémentaires vont être engagés pour 2 ans grâce au subside de 4 M € versé par le Ministre Collignon.

Afin de contenir l’évolution de la dotation communale, le travail sur les synergies va être amplifié, conformément aux obligations du « Plan Oxygène ».

Service d’incendie

La réforme régionale continue de porter ses fruits, puisque la dotation communale à l’intercommunale passe de 15,2 M à 13,9 M € (-1,3 M). Elle était encore de 22 M € en 2019.

Autres transferts

Comme pour le fonctionnement, c’est une réduction de 10 % des dépenses de subsides qui a été opérée, à chaque fois que cela était possible.

Parmi les autres postes de subsides, nous pouvons retenir les éléments suivants :

Le maintien d’une enveloppe de 130.000 € pour l’opération « Place aux artistes »
Le maintien de l’intégralité du subside à Liège-Sport et des « chèques sports ».

Les dépenses de dette

En augmentation de 5,7 M € dû à la hausse des charges de dette suite aux prêts pour le paiement des cotisations pension (3 M €) et à la charge des emprunts « covid » et « relance » (1,1 M €). Le reste découle de la politique d’investissement.

EN RECETTES

Les recettes de prestation

Il s’agit des recettes qui proviennent des prestations facturées par la Ville : location de salle, redevances, concessions dans les cimetières,…. S’y trouvent aussi les recettes provenant du contrat « Decaux » (mobilier urbain).

Elles diminuent de 400.000 €, essentiellement suite à la mise à 0 du crédit spécial de recette

Les recettes de transfert

Notre principale recette, le fonds des communes, progresse de 4,5 M € et s’établit à 145 M €.

En fiscalité locale, la majoration de 1,5 M € (passage 45,2 à 46,7) s’explique par le retour à un niveau de taxation classique, après les différentes exonérations prévues en 2021 dans le cadre du Plan de relance.

Comme annoncé, il n’y aucune nouvelle taxe locale.

Si les taux des additionnels à l’IPP (personnes physiques) et PRI (précompte immobilier) ne varient pas, les recettes qui en découlent progressent : 600.000 € à l’IPP et 1,5 M € au PRI.

Les recettes de dette

Il s’agit des dividendes versés par les intercommunales. Ce poste reste stable, à 4,2 M €.

Ces recettes ont diminué de moitié depuis 2018. Une réflexion doit être portée à ce sujet.

BUDGET EXTRAORDINAIRE (INVESTISSEMENTS)

Les dépenses d’investissement sont financées de 3 manières :

Par emprunt ;
Par des subsides ;
Par des fonds propres, constitués du produit de nos différents fonds de réserve extraordinaires.

En ce qui concerne les emprunts, le montant s’élève à 35,5 M €, répartit comme suit :

23 M € dans « la balise » d’investissement (montant calculé par habitant, en l’occurrence 125 €/hab, soit 25 M € de capacité d’emprunt).
12,5 M € « hors balise », conformément à ce que la circulaire budgétaire autorise : essentiellement des investissements dits productifs ou générateurs d’économies (remplacement de châssis, de chaudières,…) ainsi que la part communale des projets « politique intégrée de la Ville – PIV)

A cela s’ajoute la part des travaux subsidiés, pour un montant d’environ 26 M €.

Auxquels s’ajoute les travaux financés sur fonds propres, il s’agit de la partie non subsidiée de la future cité administrative : il restait un montant de 2,3 M € à financer.

Les projets retenus s’inscrivent dans la cohérence de la Déclaration de politique communale et du Programme stratégique transversal :

  • L’augmentation « Logement » à notre Régie foncière grâce à la PIV : 3,4 M € ;
  • 580.000 € pour les études de réaménagement de 3 places du cœur de la Cité: Cathédrale, Saint-Paul et Xavier Neujean (PIV).
  • 3,3 M € pour les réaménagements des Parcs du Jardin Botanique et de Clajot à Sainte-Marguerite et la création au Longdoz d’un parc de jeux et de détente (site Palmolive).
  • 3,5 M € investis pour l’optimisation de la qualité et des économies d’énergie dans les bâtiments : Centres sportifs d’Outremeuse et de Clajot, crèches de Grivegnée et de Chênée ainsi que le site de la rue de Namur.
  • 6,8 M € investis pour l’équipement final des travaux de la Cité administrative (mobilier, stores, équipement pour le personnel). Retour des services publics au Centre-Ville.
  • 11,4 M € consacré à l’enseignement avec l’extension du groupe scolaire «Jupille-Bruyères», la réfection des sanitaires dans 8 écoles et 23 dossiers liés au confort des usagers, enfants comme enseignants, en faveur des économies d’énergie.
  • Voiries : 1ére phase de son Plan d’Investissement Communal 2022/2024 (PIC) avec notamment les réaménagements de la rue de Visé à Jupille, de la Place des Marronniers à Glain, et de la rue des Cotillages à Sainte-Walburge.
  • La poursuite du plan informatique (1.000.000 €)
  • Le verdissement de la flotte automobile de la Ville.

Au total, les dépenses d’investissement brutes de la Ville (càd : balise + hors balise + partie subsidiée) s’élève à 71,2 M €

S’ajoutent à cela les investissements de la Police (6,6 M€) et du CPAS ( 7,7M €).

Le total pour les 3 entités s’élève donc à 85,5 M €.

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